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Notre rapport à l'énergie (Suite et fin)
Indépendamment du seul probléme de l'énergie, si tous les humains de la Terre avaient le niveau de vie moyen d'un états-unien,
il nous faudrait cinq planètes pour subvenir aux besoins de tous. Nous pourrions, en Europe, essayer de nous donner bonne conscience
en repensant aux nombreux gaspillages dont sont taxés les Etats-Unis, ou encore à leur refus de s'engager sur le protocole de Kyoto sur les émissions de CO2...
Mais nous sommes bien mal placés pour donner des leçons, car il faudrait encore plus de trois planètes pour donner à tous les humains de la Terre le niveau de vie moyen d'un français.
Le fait est que les pays émergeants avancent à marche forcée sur le chemin de l'industrialisation, et leurs habitants découvrent de plus en plus les délices
de la société de consommation. Ce n'est pas sans raison que de nombreux industriels occidentaux lorgnent vers la Chine ou l'Inde, il y a là bas de juteux marchés à remporter !
Il devient pourtant urgent de reconsidérer l'économie mondiale dans son ensemble, à défaut de quoi l'humanité se retrouvera fatalement dans une impasse... La seule incertitude étant : "Quand serons nous au pied du mur ?"
Une des conséquences de l'essort industriel de l'Asie est l'augmentation du prix des matières premières en général, et du pétrole en particulier, car la demande est devenue trés forte, tant pour alimenter le marché
intérieur chinois par exemple, que pour faire fonctionner ses industries exportatrices, grâce aux quelles la république populaire collecte des devises.
Pour le particulier que nous sommes, le prix à la pompe du carburant automobile est l'aspect le plus immédiatement perceptible au quotidien.
Dans un supermarché de la banlieue de Strasbourg, j'ai fait mon premier plein en euros à 0,695 € le litre de gazoil (En janvier 2002). Dans ce même supermarché,
le gazoil est au prix de 1,341 € (En mai 2008), soit un quasi doublement. Pour de nombreux ménages, rendus dépendant de leurs habitudes automobiles, cette inflation est une
catastrophe économique.
Sachant qu'en France la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers) represente peu ou prou les 4/5 du prix total du carburant, sachant aussi que ladite taxe ne représente
qu'environ 5 % des recettes fiscales, il serait tentant de réclamer une baisse de la fiscalité sur les carburants...
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Cela constituerait il une bonne chose ? Sur un plan politique, le pouvoir en place qui ferait ce choix verrait sans doute sa popularité monter à court terme, mais les conséquences sur le long terme sont
toutes dommageables...
Tout d'abord, un Etat comme la France ne peut se permettre de réduire ses recettes fiscales sans au préalable restreindre considérablement ses dépenses, en raison d'un déficit accumulé qu'il faudra bien un jour ou l'autre résorber.
Au delà de cette petite disgression politique, pour revenir à l'aspect économique et environnemental du problème, une réduction par la voie fiscale du prix de l'énergie n'aurait qu'un impact limité
dans le temps. Les cours des matières premières en général, et du pétrole en particulier, continueront à monter aussi longtemps que le monde sera en croissance économique. Les ménages verraient donc revenir
des prix élevés au bout de quelques temps et, finalement, rien n'aurait été résolu.
A contrario, plus les prix de l'énergie vont monter, plus ils deviendront incitatifs à des changements profonds de nos habitudes, pour notre plus grand bénéfice in fine. En effet, les fondations du système capitaliste
reposent sur les énergies fossiles, et le ressort interne du système est une consommation toujours incitée à la hausse. La hausse progressive du prix des énergies fossiles et leur déplétion
inéluctable vont gripper ce ressort interne, conduisant à la fin du système capitaliste majoritairement dominant dans le monde depuis deux siècles.
En changeant dès aujourd'hui notre rapport à l'énergie, en révisant nos habitudes de consommation, nous pouvons nous réapproprier notre liberté
et, au passage, nous remettre plus en phase avec le cycle naturel des choses selon lequel rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme... (Anaxagore de Clazomènes).
Si chacun de nous pouvait recenser ce qu'il y a de futile dans nos habitudes quotidiennes, et y mettre fin, ce serait déjà un très grand pas de franchi, le premier, celui justement qui est le plus difficile...
Apprenons donc à reconsidérer l'énergie, qui n'est pas un dû mais une chance. Réapprenons qu'elle n'est pas toujours intarrissable et omniprésente, réorientons nos choix en conséquence et, sans nul doute, notre avenir n'en sera que meilleur !
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