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  • L'épuration des eaux domestiques

    Pour l'essentiel en France, l'épuration des eaux domestiques se fait par le biais de stations d'épurations centralisées. Les bénéfices financiers de cette épuration sont privatisés car le marché de l'eau est quasiment exclusivement partagé entre trois grosses sociétés : Veolia, Suez et la SAUR. En revanche, le coût en est à la charge de la collectivité, c'est à dire, indirectement, de chacun de nous.

    Aujourd'hui, le citoyen français lambda doit obligatoirement être raccordé au réseau public, aussi bien pour son alimentation que pour l'évacuation et le traitement de ses eaux usées. Il en résulte des coûts VRD (Voierie Réseaux Distribution) importants lors de la création d'un nouveau lotissement par exemple.

    Pourtant les systèmes centralisés d'épuration de l'eau constituent la plus mauvaise option technique que l'on puisse choisir Au surplus, l'aspect centralisé induit des coûts d'acheminement des eaux usées et propres qu'il serait possible d'éviter.

    Mais l'aspect le plus grave de l'épuration est ailleurs, et largement méconnu du grand public, il s'agit de la destruction de la biomasse, et par voie de conséquence, de l'appauvrissement progressif des sols. Concrètement que se passe t'il ? Les matières fécales contenues dans les eaux vannes (eaux d'évacuation des WC à chasse d'eau), c'est à dire nos déjections, sont traitées comme des déchets. Hors toute créature du régne animal (dont fait partie l'Homme, en tant que mammifere supérieur) nourrit les sols de ses déjections, lesquelles contiennent une richesse : l'azote organique dont les sols ont besoin pour se reconstituer.

    Et c'est là qu'est le drame : En épurant ses eaux vannes, l'Homme soustrait son apport azoté au cycle de la vie, et détruit un peu plus la biomasse à chaque fois qu'il actionne une chasse d'eau...

    Selon József ORSZÁGH, les déjections annuelles d'une personne qui utilise un W-C suffiraient (après compostage avec des végétaux) pour fertiliser la terre agricole qui produit son alimentation. Tandis que l'eau potable gaspillée et polluée par le W-C suffirait pour irriguer cette terre.

    Alors il faut rappeller encore une fois la pertinence qu'il y aurait à installer à chaque fois que c'est possible des toilettes sèches (TLB) en lieu et place de toilettes conventionnelles. Outre qu'elles préservent la biomasse, elles réduisent de trente litres par jour et par habitant les besoins en eau "propre" (ce qui n'est pas mince), et d'autre part elles réduisent (ou suppriment) dans les mêmes proportions ce qu'on appelle les eaux vannes (C'est à dire les eaux chargées de matières fécales).

    Il va sans dire que ce volume d'eaux usées en moins n'est pas dans l'intérêt des sociétés privées qui en vivent. Mais en l'occurence les intérêts supérieurs de la finance me paraissent bien dérisoires au regard de l'urgence qu'il y a au contraire à réparer les multiples outrages que nous avons fait subir à notre environnement, et ce, depuis trop longtemps.

    Le coût de mise en oeuvre des toilettes à litière biomaitrisée est tellement faible que, à mon sens, il ne se pose même la question de savoir si on peut leur opposer une autre alternative. Et à ceux qui rétorqueraient qu'il est impératif de posséder un jardin pour répandre son compost, je répondrais qu'on peut également prévoir des sacs de transport adaptés pour aller le déposer en déchetterie, ou mieux, chez des amis ou voisins possédant un jardin leur permettant de valoriser cet apport.

    Lorsque la mise em oeuvre des TLB n'est pas possible, une autre option existe, il s'agit des toilettes turbo, usant très peu d'eau et pouvant constituer une réponse pertinente en agglomération par exemple.

    S'agissant maintenant des eaux grises (Eaux de douche, de lessive ou de vaisselle...), un traitement décentralisé, utilisant les capacités purifiantes combinées du sol et de la végétation est également possible. Ce procédé existe en Belgique sous le nom de TRAISELECT.

    Malheureusement, en l'état actuel de notre réglementation, il n'est pas possible, pour un particulier soucieux de son environnement, de mettre en oeuvre cette technique...

    Le grand public, dont je fais partie, est nourri d'une communication tendencieuse à tous les niveaux et concernant tous les aspects de notre quotidien. De même qu'on est ammené à penser qu'une auto moderne est une auto propre, nous sommes pour la plupart entretenus dans une bonne conscience collective qui s'appuie sur le postulat, faux, que l'épuration des eaux à grande échelle, telle qu'elle se pratique actuellement, constitue la meilleure option technique.

    Au même titre que les grands groupes font du lobbying auprès du monde politique, pour défendre et promouvoir leurs lucratives solutions, il est de notre devoir de faire circuler l'information alternative et d'agir, en tant qu'électeurs, pour appeller aux aménagements législatifs qui permettraient de revenir à un traitement plus intelligent de nos eaux usées.

    Enfin, je finirai cet article avec une petite lapalissade : L'eau la plus facile à dépolluer est celle qu'on n'utilise pas...