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  • La déplétion du pétrole

    Bien que les avis divergent sur l'apparition du pic pétrolier, il est un fait certain : Cela se produira, que ce soit l'an prochain, dans dix ans ou dans trente ans. Il arrivera un moment où la production de pétrole sera à son plus haut niveau possible, puis elle déclinera par épuisement progressif des dernières réserves d'or noir.

    Dans le même temps, la demande mondiale de pétrole ne baissera pas, bien au contraire il est à prévoir qu'elle continue à augmenter en raison du développement économique des pays émergents.

    Il n'y a aucun motif légitime de refuser à ces pays d'augmenter leur niveau de vie. En tout cas ce n'est pas à nous, occidentaux ayant depuis longtemps puisé sans retenue dans les ressources de notre planète, de venir nous poser en moralisateurs.

    Cependant, au delà de cet aspect "moral", nous devons nous préparer à la fin du pétrole qui surviendra inévitablement à un moment ou à un autre. Déjà le prix du baril atteint des niveaux très élevés, et ce d'autant plus qu'il y a maintenant spéculation sur les matières premières.

    Sachant la multitude de produits dérivés du pétrole (Carburants et lubrifiants bien sûr, mais aussi bitumes, plastiques, fibres textiles synthétiques, médicaments, cosmétiques, agents de textures, etc...), l'impact sur notre vie quotidienne est énorme.

    Comment réagir à celà ? Certes le recyclage permet d'optimiser l'utilisation du pétrole, par exemple lorsqu'on produit des vêtemens en laine polaire à partir de bouteilles plastiques recyclées. Mais celà ne couvre qu'une partie de nos besoins.

    Alors examinons ces besoins, quelques sont ceux réels et quels sont ceux qui relèvent de l'accessoire, du superflu ? Si nous pouvions tous nous détacher du superflu, cela rendrait sans doute la perspective de la fin du pétrole bien moins effrayante qu'elle ne le parait à beaucoup d'entre nous.

    En ce qui concerne nos besoins en carburant, la biomasse est souvent présentée par ses promoteurs comme une solution d'avenir (Bio carburants réalisés à partie de plantes oléagineuses ou de betteraves, ou bien encore à partir de déchets végétaux pour ce qui concerne les bio carburants de seconde génération).

    Mais ainsi que je l'ai déjà dit dans notre rapport à l'énergie, il s'agit là d'un piège dans lequel l'humanité ne doit pas tomber, et ceci pour deux raison : Premièrement, les surfaces agricoles consacrées aux biocarburants seront soustraites des terres arables disponibles pour des cultures alimentaires. Deuxièmement, la biomasse transformée en énergie constitue autant de destruction d'humus, conduisant à la lente mais inexorable stérilisation des surfaces agricoles.

    De mon point de vue, les biocarburants sont au pétrole ce que la méthadone est à l'héroïne, un substitut qui ne doit pas cacher le problème de fond : Notre dépendance au pétrole.

    Il serait illusoire de croire qu'on peut remplacer chaque produit issu de la pétrochimie par son substitut naturel, en tout cas pas dans le mêmes proportions. Pendant un certain temps on peut envisager de se reporter sur le charbon ou sur le gaz naturel pour compenser le déclin du pétrole, mais inélucatblement arrivera pour l'humanité le temps du renoncement, et celà sera d'autant plus dur que ça n'aura pas été anticipé.

    Dans tous les domaines, agriculture, transports, habitat, habillement, loisirs... nous allons devoir repenser intégralement nos habitudes de vie, de travail, et d'une façon générale, notre manière de concevoir les choses.

    Il est à craindre (ou à espérer ?) que l'âge d'or des consoles de jeux et des voyages dégriffés pour tous ne soit bientôt révolu...






    Le tracteur, une espèce en voie d'extinction ?